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 Info-les causes des troubles alimentaires

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Flö




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MessageSujet: Info-les causes des troubles alimentaires   Ven 03 Mar 2006, 17:28

Les causes des troubles alimentaires




1 Du contexte des troubles alimentaires


Comme pour la plupart des troubles mentaux, différents types de facteurs (biologiques, psychologiques, sociaux) peuvent intervenir dans la causalité des troubles alimentaires. Les troubles alimentaires semblent très spécifiquement liés au contexte culturel, et même à un seul type de culture, contrairement à d'autres troubles anxieux ou de personnalité susceptible de toucher tous les types de populations.Ainsi, anorexie et boulimie n'apparaissent pas dans les pays en voie de développement, où l'accès à une nourriture suffisante représente souvent une lutte quotidienne, mais uniquement au sein d'une culture occidentale où l'on donne à la nourriture, présente en surabondance, un sens autre que celui "fonctionnel" de survie.

Ces dernières années ont de plus vu apparaître le culte du corps : un corps idéal, mince, contrôlé dans les moindres détails, bien différent du corps réel... Des régimes amaigrissants aux séances intensives de sport, bombardement des images aidant, il n'est pas étonnant que, dans un tel climat, les troubles alimentaires comme l'anorexie et la boulimie, indéniablement associés à l'image de soi et à la forme et au poids du corps, émergent et interpellent de plus en plus.

Cependant, tout un chacun dans cette culture ne semble pas à risque, l'anorexie se localisant chez une partie relativement limitée de la population : selon des études, 90% des cas sévères concernent des jeunes femmes blanches, de statut socio-économique élevé, vivant dans un environnement compétitif. La boulimie, ainsi que les troubles similaires et associées, semblerait répandue dans toutes les couches sociales, et parfois associée à l'obésité (hyperphagie incontrôlée).

Malgré que l'influence du contexte culturel soit indéniable, les troubles alimentaires doivent être considéres comme des problématiques complexes aux facettes et causes multiples. En effet, au cours des dernières années, plusieurs recherches et modèles etiologiques des troubles alimentaires ont vu le jour, ainsi que des diverses propositions thérapeutiques. Ces diverses conceptions, au-delà des querelles d'école, peuvent apporter une vision plus globale de ces troubles et se compléter au niveau thérapeutique, une approche pluridisciplinaire étant souvent préconisée - ou en tout cas non exclue - dans ces cas.

Parce que les êtres humains sont des individus infiniment complexes, on peut certainement affirmer que les troubles alimentaires sont des affections auxquelles plusieurs facteurs peuvent participer en même temps et dans des mesures diverses selon les cas : facteurs biologiques et génétiques, familiaux et culturels, expériences particulièrement marquantes de l'enfance ou événements précipitants actuels. Ci-après, nous vous proposons donc une revue - significative mais non exhaustive - des différents facteurs qui ont été pris en considération par les spécialistes en ce domaine.

2 Les facteurs biologiques (génétiques et neuro-physiologiques)


D'après des études récentes sur les familles d'anorexiques et de boulimiques, un taux plus élevé que dans la population normale de troubles alimentaires a été mis en évidence chez les membres de la famille au premier degré (mère, père, fratrie) ainsi qu'en ligne directe sur plusieurs générations. En ce qui concerne la famille élargie, on a aussi trouvé une proportion plus élevée de cas de troubles alimentaires, ceci aussi bien dans la branche maternelle que paternelle. Ces conclusions ne sont cependant pas suffisantes pour affirmer que les troubles alimentaires ont une origine génétique, ce taux plus élevé pouvant aussi être expliqué par un contexte familial particulier s'étalant sur plusieurs générations. Les études sur les jumeaux ou sur les enfants adoptés sont en général nécessaire pour établir la corrélation génétique d'une maladie.

Des études ont été menées sur des paires de vrais et de faux jumeaux dont l'un des deux souffrait d'un trouble alimentaire. D'après ces recherches, on a trouvé pour l'anorexie des taux de "concordance" nettement plus élevés que dans la population normale, mais aussi une nette différence de taux de concordance entre les vrais et les faux jumeaux. Les jumeaux monozygotes (vrais jumeaux) auraient 30 à 50% de chances de développer tous les deux une anorexie mentale; par contre, les jumeaux dizygotes (faux jumeaux) n'auraient que 10% de chances de concordance. Ces résultats confirmeraient une composante génétique dans l'anorexie, en particulier dans l'anorexie restrictive (la concordance, dans ce cas, est encore plus élevée). Pour la boulimie, on a aussi trouvé un taux de concordance plus élevé chez tous les jumeaux par rapport à la population normale; mais on n'a pas trouvé des différences notables de concordance entre vrais et faux jumeaux, ce qui impliquerait davantage l'influence du contexte familial que de l'héritage génétique.

En ce qui concerne l'anorexie, des études sur les vrais jumeaux non affectés par la maladie (discordants) n'ont pas démontré qu'il y aurait chez ceux-ci une tendance favorable aux maladies psychiatriques; l'existence de cette tendance pourrait en effet prouver une vulnérabilité de base commune aux jumeaux. On a cependant trouvé chez les jumeaux non affectés (vrais et faux) des taux élevés de tendances perfectionnistes, ce qui pourrait mettre en cause un contexte familial propice au perfectionnisme, élement présent chez la plupart des personnes anorexiques. Une certaine prédisposition génétique pourrait cependant être en cause, puisque l'on a trouvé chez des anorexiques des anomalies biochimiques du cerveau. A l'heure actuelle, les chercheurs sont encore loin d'être d'accord sur la proportion de ce qui est défini génétiquement et de ce qui relève plutôt de facteurs socio-éducatifs.

Sur le plan neuro-physiologique, deux systèmes sont responsables de la régulation de la nutrition : le système des hormones gastro-intestinales et celui régi par l'hypothalamus. On a constaté que des patientes présentant des pathologies alimentaires graves souffraient aussi de perturbations biologiques évidentes. Mais là encore, l'état actuel des recherches ne permet pas de distinguer nettement entre ce qui est cause et ce qui est effet secondaire. En conclusion, en s'appuyant sur les données génétiques, on peut penser qu'il existe un terrain biologique fragile au niveau des troubles alimentaires sévères.

3 Les facteurs socio-culturels


A partir des années 60, un terrain culturel propice au développement des troubles alimentaires s'est progressivement mis en place dans les pays occidentaux, modifiant sensiblement les standards proposées jusque-là : un corps désirable n'est plus un corps en bonne santé mais un corps dont le poids et les formes sont parfaitement contrôlés dans le sens d'une minceur sans cesse plus flagrante. Par conséquent, pour les jeunes femmes blanches de milieu aisé et vivant dans un environnement compétitif, le bonheur et le succès deviennent largement et artificiellement déterminés et évalués à travers toute une série de caractéristiques et de mesures corporelles (la quantité de graisse, le poids, les formes, etc.).

Le surpoids, dans le monde occidental d'aujourd'hui, est clairement assimilé à la laideur. Or, un stéréotype culturel occidental bien ancré semble être : "ce qui est beau est bien, ce qui est laid est mal". (...)
La féminité - et donc la minceur - se révèlent non seulement être des atouts précieux pour la femme tant ses relations professionnelles que privées, mais aussi un élement essentiel de son sens de l'identité, l'image qu'elle se construit d'elle même. (...)

Le courant féministe américain en est donc venu à mettre en accusation l'image sociale de la femme comme principale cause des troubles du comportement alimentaire, en particulier anorexie mentale et boulimie. Sont ainsi attaqués l'obligation sociale faite à la femme d'être artificiellement mince, les médias, qui contribuent à la fétichisation et à la glorification d'un corps féminin anormalement svelte, la nécessité faite aux femmes d'être à la fois de bonnes épouses, des travailleuses dynamiques et des amantes "sexy", d'être en quelque sorte des "superwomen". (...)

La "civilisation du self", privilégiant la compétition, entretenant un désir de promotion sociale et de réussite scolaire, formerait un terreau de choix pour l'anorexie mentale. (Apfeldorfer,1995).
"La société impose aujourd'hui un modèle normatif qui induit une forte culpabilité chez ceux qui ne s'y conforment pas." (Guillemot et Laxenaire, 1995).

Ainsi, on note dans notre société une mise en évidence croissante des moyens de contrôler le poids et la forme du corps : les régimes alimentaires, l'exercice physique intensif, les solutions médicamenteuses... Et c'est là qu'à lieu la collision entre la culture ou les attentes sociales et notre physiologie, collision qui déclenche des effets très négatifs sur les femmes : l'image de leur corps ne les satisfait plus et, "matraquage" culturel aidant, ces préoccupations considérées comme essentielles peuvent tourner a l'obsession, le but étant parfois tellement difficile à attteindre...

"Si les mannequins dans les vitrines étaient des vraies femes, elles seraient trop maigres pour pouvoir avoir des règles." (The Body Shop, 1997).

3.4 Les facteurs familiaux


Souvent, on peut trouver plusieurs cas d'anorexie ou de boulimie dans une même famille : fille, mère, tante, voire grand-mère. Ce phénomène peut bien sûr avoir une origine génétique mais peut résulter également de modèles familiaux d'interaction très spécifiques qui semblent contribuer au développement des troubles alimentaires.

Concerant les anorexiques, les psychanalystes ont bati des théories autour de l'idée d'une "mauvaise mère", à savoir des mères peu chaleureuses, guidées par le devoir à accomplir, répugnant à avoir des contacts physiques avec leur enfant, évitant les démonstrations d'affection. Mais derrière cette apparence de froideur se cacheraient des femmes fragiles, anxieuses, insatisfaites, dévalorisées et à tendance dépressive. Les qualités, les talents de leur enfant (réussite scolaire, beauté, activités artistiques ou sportives...) sont souvent utilisées comme une prothèse narcissique, comme un moyen de cacher leur propre faiblesse. L'enfant est ainsi investi par la mère comme un objet de projection personnel.

Durant l'enfance, l'enfant répondrait aux attentes de la mère, se conformerait à ce qu'elle en demande, sans exprimer ses propres désirs, telle une "petite fille modèle". Mais l'adolescence est une période d'autonomisation, de mise à distance dans la recherche d'une identité propre, et pour la première fois, l'enfant est obligé de décider par lui-même, de se différencier de son entourage familial. "Dans un tel milieux familial aimant mais étriqué, la jeune fille va manifester son indépendance par sa maladie anorexique qui lui permet de s'opposer sans rompre l'équilibre familial." Son symptôme lui permet d'arrêter les transformations physiques et de maîtriser le temps, puisqu'il maintient son corps dans sa forme d'enfant. L'adolescente est prise progressivement dans l'engrenage et organise petit à petit toute sa personnalité et son environnement familial autour de son symptôme. "Plus encore, poursuit madame Vandenbosch, son symptôme sert de ciment entre les membres de la famille et permet à la patiente de protéger sa mère d'un changement qui risquerait de la détruire."
Les mères de personnes obèses sont décrites de façon voisine : "surprotectrices", aimantes et étouffantes, peu intuitives, rigides, aux idées toutes faites, empêchant leur enfant de faire ses propres expériences et de s'autonomiser, elles ont tendance à décider ce que l'enfant "doit ressentir" logiquement à un moment donné, et lui dicter ses sentiments et émotions. Incapables de percevoir intuitivement les besoins de l'enfant, elles répondent systématiquement par une offre de nourriture à toute demande.

Les psychanalystes se sont principalement penchés sur le rôle de la mère mais notons toutefois que celui du père n'est pas négligeable dans l'apparition d'un trouble du comportement alimentaire. Il a d'abord été décrit comme présentant un caractère effacé, sans autorité, ou encore physiquement ou moralement absent. On a également relevé chez les pères d'anorexiques une fréquence augmentée de troubles psychiatriques : dépression, tendance au repli sur soi, mais aussi épisode psychotique dans la jeunesse. "Vis-à-vis de sa fille, le père se montrerait très critique, très exigeant quant à sa réussite socioprofessionnelle. Sur le plan affectif, note Gérard Apfeldorfer, il se tiendrait parfois à l'écart, ou bien n'assumerait pas son rôle paternel et se comporterait telle une seconde mère, ou encore, ne la considérerait pas comme sa fille et tenterait de la séduire."

D'un autre côté, au lieu de déterminer la pathologie individuelle des parents, la thérapie familiale (ou thérapie systémique) met davantage l'accent sur les relations intrafamiliales au sein desquelles elle indique des dysfonctionnement. Certains milieux familiaux développeraient plus volontiers des anorexiques, boulimiques ou hyperphages, telle la "famille psychosomatique" décrite par Minuchin. "Cette famille est caractérisée par l'enchevêtrement relationnel entre les membres de la famille, entre les individus, entre générations, leur proximité excessive et l'intensité disproportionnée des interactions, la surprotection des uns par les autres, la rigidité, un manque d'adaptabilité tant à l'intérieur de l'univers familial que par rapport au monde extérieur, une incapacité à faire face aux crises, et enfin l'intolérance aux conflits, leur évitement et leur non résolution. Vue de l'extérieur, cette famille apparaît comme fonctionnant en circuit fermé, conformiste, arc-boutée sur des apparences de normalité, cherchant à donner au monde une impression d'harmonie, de bonheur, d'union parfaite entre ses membres. Mais dans ce cercle fermé, aucune critique ne peut être exprimée, et l'idée d'un conflit entre membres de la famille n'est pas pensable. Les parents, incapables de surmonter leurs difficultés conjugales, les transformeraient en difficultés parentales en y impliquant leurs enfants et en tentant d'en faire des alliées dans des coalitions plus ou moins stables. Du point de vue du groupe familial, l'anomalie d'un des membres focalise sur celui-ci la majorité des tensions intrafamiliales et la place en position de bouc émissaire, ce qui permet de renforcer la cohésion familiale menacée. Ce rôle de bouc émissaire favorise à son tour, par l'état de stress qu'il engendre, les troubles du comportement alimentaire." (Cité dans Anorexie, boulimie, obésité, Apfeldorfer, 1995).

Les familles d'anorexiques, boulimiques ou hyperphages ont ainsi de nombreux points communs. Les différencier spécifiquement selon la pathologie présentée n'aurait guère d'intérêt, d'autant plus qu'au sein d'une même famille, on retrouve fréquemment des frères et soeurs souffrant de troubles mentaux différents. "Ces types familiaux, remarque Apfeldorfer, n'ont rien de spécifique : les familles à enfant schizophrène, les familles d'alcooliques, de toxicomanies ou de psychopathes ont elles aussi été décites par différents auteurs en termes voisins."

Il y a aussi l'Info sur les perspectives thérapeutiques actuelles


Source: Les troubles alimentaires
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MessageSujet: Re: Info-les causes des troubles alimentaires   Mer 01 Nov 2006, 02:21

De manière générale , les gens assimilent trop souvent les troubles de l'alimentation à des manifestations d'orgueil, d'immaturité, de folie.. Si c'est vrai à ceratins égards, ils sont d'abord et surtout UNE VERITABLE DEPENDANCE !
Ils ne sont ni une phase ni un signe de folie. Ils constituent un noeud de contradiction mortel, on croit que la maladie protège, rend indépendant, et on s'aperçoit que c'est l'inverse.
Si notre société ne valorisait pas tant la maigreur, peut être que bcp d'entre nous aurait trouvé une manière de nous détruire qui n'aurait pas aussi profondément porté atteinte à notre corps et à notre perception de nous même.
Car les TCA sont à bien des égards une réponse à une culture . Alors oui, sans doute que si nous vivions dans une culture où la maigreur n'aurait pas cette aura étrange la plupart des malades de TCA ne seraient pas tombé(e)s ainsi, passé(e)s de l'autre côté du miroir, dans l'infernal monde des tca où nourriture est synonyme de gloutonnerie, où les murs sont tapissés de glaces déformantes et où la chair est faible. Un monde de métamorphoses, de mirages et de miroirs.
C'est si facile de passer de l'autre côté, tellement plus dur D'EN REVENIR!
Je ne pense pas que vous sachiez que l'on ne se REMET PAS de l'anorexie et de la boulimie.
Je ne suis pas pessimiste, mais lucide.
La grande majorité d'entre nous sera hantée par elles notre vie durant. On peut changer de comportement, penser autrement son corps et son identité, abandonner ce mode de relation au monde. On peut apprendre qu'il vaut mieux être un être humain qu'une enveloppe vide.On peut guérir. Mais on n'oublie jamais.
Je sais que j'ai depuis longtemps dépassé le "stade critique des 5ans", stade où les tca font partie intégrante de notre vie, et sont notre manière de gérer nos émotions, le monde dans lequel on vit, notre vie quotidienne.
Pour comprendre cette dépendance qui incombe aux tca, il faut se rendre compte que ces derniers ont des points communs avec la toxicomanie.
On devient , entre autre, dépendant d'un ceratin nombre d'effets, les deux principaux étant la décharge d'adrénaline provoquée par la faim _ on plane, rempli d'une énergie frénétique, incapable de dormir_, et l'intensité accrue de l'expérience _au départ tout a une odeur et un goût plus forts, les sensations tactiles sont plus intenses, les impulsions plus vives.
LE SENTIMENT DE PUISSANCE EST EXTREMEMENT FORT. Mais on devient rapidement accro. Et par la nature même des tca, l'obsession du poids ne diminue pas avec le poids que l'on perds. Au contraire. Plus on s'inquiète de son poids, plus on a envie de maigrir, moins on a une image réaliste de soi. Vous pesez 66 kg, en perdez 2 et vous réjouissez, en perdez deux autres et souriez, le temps passe un jour vous découvrez que vous ne faites plus que 40 kg, vous ne vous réjouissez pas, ça vous est presque égal, vous lancez un regard méprisant à votre reflet dans la glace et repartez en pensant "je suis vraiment énorme! maigrir encore!!"
C'est que, quand on commence à faire des régimes, le mode de pensée se modifie radicalement: on devient obnubilé par la nourriture. Certain(e)s continuent de penser que si nous diminuons nos rations quotidiennes de matières grasses, sucres,calories, ect.. nous perdrons du poids et tout sera comme avant sauf que nous serons plus minces.
En fait, rien ne sera plus comme avant.
Vous aurez constamment envie de parler de nourriture. Vous aurez constamment besoin d'avoir un goût dans la bouche. Vous voudrez que tout est un goût intense.
Dans cette quête frénétique d'une saveur non coupable vous perdrez tout rapport normal à la nourriture. Essairez de vous remplir la bouche mais pas l'estomac, pour essayer de faire croire à l'Esprit que l'on est rassasié.
Peu de monde fera attention à ce manège, faire des régimes est à la mode de nos jours. Notre génération et la précédente font semblant de se désinteresser de la nourriture. Nous sommes "trop occupés", "trop stressés", pour manger. Regardez autour de vous, écoutez.
Combiende fois entendrez vous "Oh je n'ai pas faim. Je n'aime pas manger le matin (l'après midi, le soir , quand il pleut, quand il fait beau, quand il fait froid/chaud, quand j'ai mal au tibia,les jours fériés, aux fêtes, avant ou après 1h du matin...)
A nous entendre, nous n'avons jamais faim. Nous nous contentons d'avaler de petites boulettes d'énergie, comme dans les jeux vidéos. La nourriture nous donne la nausée, et puis c'est sale.
A nous entendre, nous sommes des êtres éthérés pour qui les repas sont une corvée. QUELLE VASTE CONNERIE!!
C'est que manger, comme faire l'amour, est perçu comme un aveu de faiblesse. On a succombé aux vils plaisirs de la chair. On est devenu un être dissolu, les passions échappant à tout espèce de contrôle. Dans notre culture, une femme comme il faut doit manger et faire l'amour en soupirant et en regardant le plafond. Une femme comme il faut doit avoir un appétît d'oiseau. Les très jeunes filles commencent à imiter les femmes autour d'elles. Elles parlent de "surveiller leur ligne", de "faire attention" (A quoi bon sang ?!), se pincent le ventre avec un air circonspect. Devenir femme signifie aussi MEPRISER SON CORPS, ETRE DANS UN ETAT DE MANQUE PERMANENT.

Imaginez, 30 secondes. Vous marchez dans la rue, croisez une jeune femme mince en train de manger une gauffre. Quel regard porterez vous sur elle? Que penserez vous?
Quelque mètres plus loin, vous croisez une personne obèse, également en train de manger une gauffre. Que penserez vous? Quel regard porterez vous sur elle?
Fiez vous à votre réaction naturelle. Oui, nous sommes formatés. La mince aura notre sympathie, "elle se fait plaisir c'est bien", quand la personne obèse aura au mieux votre mépris au pire votre dégout "elle pourrait se contrôler/ faire attention"
Notre génération a grandi avec la télévision, les magazines pour ados et les panneaux publicitaires, tous truffés de conseils "perdez votre cellulite musclez vous devenez mince". Le corps "parfait" devient une vitrine, une babiole de luxe.
Quand au corps anorexique il exerce une attraction puissante. Les magazines, publicités, et autre porteur de la cacophonie culturelle nous sereinant de maigrir, nous ont appris que nous pouvions nous débarasser de notre chair, perdre "magiquement" des kilos, les faire "fondre", les regarder "disparaitre". Pour une somme modique, nous pouvons nous aussi prétendre à un corps mince. Quelle joie!Et bcp s'y jettent la tête la première. Puisque tout le monde y va, ce n'est pas si dangereux que ça, non?
A mesure que le français moyen devient plus gros, la fascination pour le corps anorexique croît. C'est un paradoxe terrible.

La nourriture a de manière générale 2 fonctions essentielles pour les humains. Elle fait d'abord naître un sentiment de plénitude, la nourriture physique se transformant dans notre esprit en nourriture affective. Lorsqu'on se goinfre pendant une crise, on a l'impression, même passagère, de combler un vide. Ensuite, la nourriture a un effet apaisant sur le cerveau. Ne croyez donc surtout pas que l'on déteste manger. C'est faux.
Anorexique ou boulimique, on est littéralement habité par la nourriture. On en rêve, on la regarde, la nourriture c'est le soleil, la lune, les étoiles, le centre de gravité, l'Amour de notre vie. Seulement on en a terriblement peur.
Et oui, à la source de ces maladies, il y a la peur: de la nourriture, de nos désirs, du sommeil, du toucher, d'une simple conversation, du contact, de l'amour. La peur d'être un être humain. L'énorme peur de se faire dévorer dès qu'on aura mis un pied dans le monde. La peur de soi : peur de ne pas avoir ce qu'il faut pour y arriver, redoublée par le sentiment de devoir accomplir quelque chose de grandiose. C'est un peu paralysant de s'aventurer dans le monde avec une telle disposition d'esprit, vous ne trouvez pas?
La plupart des gens se disent qu'ils feront ceci ou cela et que tout ira bien. Imaginez, vous, vous partez avec la certitude que vous échouerez de tt façons. Vous rentrez chez vous, éclatez votre baromètre calorique, vomissez. Vous rentrez chez vous, enfilez votre jogging, courrez jusqu'à avoir l'impression (mais n'est-ce vraiment qu'une impression?) que votre genoux se déchire.
Anorexique ou boulimique, vous tenez un remède, les pensées ne partent plus dans tous les sens, il ya un ordre. Ici, je tiens à préciser que bien souvent, et c'est malheureux, la boulimie est considerée comme un cran en dessous de l'anorexie. Elle renvoit aux orgies romaines, et les boulimiques ne portent généralement pas les stigmates bénies d'un corps squelettique. Leur mutilation est privée, plus secrète, plus coupable que la déclaration ouverte des anorexiques dont la maigreur est vénerée. Rien d'admirable il est vrai à s'enfoncer les doigts au fonds de la gorge.
La négation de la chair est, en revanche, non seulement l'aboutissement de siècles de pensées sur la fragilité des femmes, mais l'incarnation de certains idéaux religieux et culturels. Et pourtant, nous vivons dans une culture où la consommation est permanente et effrenée, où l'insasiabilité est quasi universelle. L'adoration du corps anorexique et la haine de la graisse sont le signe non pas que l'anorexie est "belle" ou la graisse méprisable mais que nous sommes déchirés et devons choisir notre camp.
La boulimie reconnaît explicitement et violemment le corps. Elle s'attaque à lui mais ne le renie pas. C'est un acte d'une grande violence, trahissant une angoisse et une colère profonde envers soi-même, acte où s'énonce à la fois DEGOUT et BESOIN.
Dégoût et besoin ont un rapport direct avec le corps et les émotions.
L'hyperphagie (de hyper/ et phagos: l'estomac, le ventre) est une tentative pour contrôler ce qui entre. Se purger permet de définir son corps en rejetant certains contenus. On a besoin de se sentir vivant et de se remplir en absorbant certaines substances, besoin alimenté par le fait que l'on se perçoit comme intraséquement vide ou mort. Boulimique, on est dans l'excès _trop émotive, trop passionnée_, et l'on reporte ce sentiment sur son corps. C'est lui qui en pâtit, mais ce n'est pas lui le véritable problème. Il y a un sentiment de désespoir, un "qu'est ce que çq peut foutre autant que je m'empiffre". Ce constat est dangereux mais réaliste, car il tient compte du fait que le corps est inéluctable.
(L'anorexique, quant à elle, a l'illusion insensée qu'elle peut échapper à la chair, et du même coup à l'emprise des émotions. Le problème est le corps, un problème défini avec un début et une fin, qui sera résolu en se débarassant du corps.)
Voyez l'enfer qu'est devenue votre vie: ne pouvoir avaler une bouchée sans vous demander si, où et quand vous pourrez vomir. Ne pouvoir vous regarder dans la glace sans vous percevoir, au delà de l'image de "gros", comme informe, débordant de vos propres limites corporelles, limites imaginaires que vous ne percevez plus depuis longtemps. La boulimie vous terrifie. Vous savez que quelque chose ne va pas. Que vous ne contrôlez plus rien. Et la première chose que vous vous dites, ce n'est pas "ok, on se calme, si j'y réfléchissais calmement, qu'est ce qui va pas ?"
Non, la première chose que vous vous dites, c'est "MANGER encore". Vite, combler le vide. Vite, se débarasser du plein. Et au lieu de se dire que le meilleur moyen de ne pas être obsédé par la nourriture est de manger normalement, on croit qu'il faut s'en éloigner complétement. On devient anorexique, c'est à dire ni plus ni moins que l'incarnation du vide qui nous habite. Jusqu'au jour où le besoin d'avoir quelque chose sous la dent, de mâcher, d'avaler, devient trop fort.
Car on ne peut pas tromper son propre corps. Et on craque. C'est la revanche du corps sur l'esprit.Un beau jour, on commence à s'empiffer et à se faire vomir presque sans s'en rendre compte.
On se surprend à payer une montagne de courses, à raccrocher après avoir commandé une pizza. Plus moyen de faire marche arrière. On commence même à déchirer les premiers emballages sur le chemin du retour, à enfourner la nourriture, on ne peut pas attendre, tant pis pour les personnes qui nous regardent avec un air effaré.
Cette impulsion, ces pulsions,...Avoir une vie gouvernée par les TCA: qui peut s'imaginer ce que cela signifie à moins de l'avoir vécu?

C'est tout cela qui rend la guérison si difficile. Il faut ariver à penser qu'il existe un juste milieu. Se convaincre que l'on s'en sortira quoi qu'il arrive. Se faire confiance, quand on se sait capable des pires mensonges (aux autres, mais surtout à nous mêmes).
Pour se débarasser de troubles alimentaires qui durent depuis longtemps et qui, dans mon cas, sont apparus en même temps que l'intellect, le corps et l'identité, il faut faire table rase. Et pour y parvenir, il faut pouvoir renoncer à des comportements qui sont si anciens qu'ils ont presque le statut d'instinct primaire.
On ne peut pas aller mieux du jour au lendemain. Il faut du temps. C'est un long et lent processus. Il faut en avoir conscience. De plus, contrairement aux autres dépendances, il n'existe pas de traitement, pas de "pilule miracle"; c'est à soi de faire le travail. C'est la tâche la plus difficile que j'ai jamais eu à accomplir. Mais je sais qu'au final, elle me rendra bcp plus forte.
Même si j'ai encore bcp de mauvais jours, les troubles alimentaires étant une pure habitude, habitude bien plus profondément installée qu'on ne pourrait le croire. Le simple fait d'être dans ma cuisine actionne une manette dans ma tête, une enseigne lumineuse se mets à clignoter "vas-y, BOUFFE!"
Il y a tous les cauchemards, spectrale présence de mes tca, rêves délirants où je me goinfre et cherche déseperément un lieu où vomir, et dont je m'éveille la gorge serrée, des larmes de culpabilité rageuse coulant sur mes joues, le dégoût au bout des lèvres...L'impression d'être un petit hippopotame qui me poursuit des jours durant, que ma peau est trop serrée, que je suffoque.
Il y a les incursions, les doigts lisant le corps comme du braille, comme si l'agencement des os allait donner un sens à ma vie. Les tentatives pour s'extraire des sables mouvants de l'obsession, les glissades en arrière, à ne pas dramatiser mais à prendre très au sérieux, car au delà d'une semaine c'est la rechute . C'est terriblement court, une semaine. Et le besoin est toujours là. Chaque jour. "Allez, rien qu'une fois, tu te sentiras mieux après." Les toilettes ne sont jamais loin. A quelques pas se trouvent la sécurité, le réconfort, le sentiment de soulagement. Tous les jours , il faut se rappeler qu'à quelques pas se trouve l'anéantissement de tous mes efforts, la honte et la culpabilité à venir. Mais aussi la possibilité d'une mort grotesque, vision d'un corps baignant dans une marre de sang et de vomissures, résultat d'une rupture gastrique.
Il y a l'attente, implicite, que l'on me dise que j'ai maigri. Le sursaut de fierté que cette phrase fera naître. Je rêve de ne plus sentir mon coeur s'emballer à ces mots. Je ne veux pas de cette fierté, de ce sentiment fugace d'avoir accompli quelque chose.
Je voudrais manger ce qui me chante, aller au restaurant avec mes amis sans me posre de questions, apprendre à m'aimer, et surtout me percevoir comme autre chose qu'un cerveau relié à une masse vide.
La grande question étant "comment est ce que je veux vivre, et quels moyens mettre en oeuvre pour y arriver ?
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MessageSujet: Re: Info-les causes des troubles alimentaires   Mer 01 Nov 2006, 02:23

juste, pour les causes de l'anorexie : ça reste un vrai mystère pour les médecins, tant les causes sont multiples et variées ! l'article de flö n'offre qu'une vision limité du pb..
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MessageSujet: Re: Info-les causes des troubles alimentaires   

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Info-les causes des troubles alimentaires
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