Aide, Ecoute et Espoir

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La relance de l'activité économique en Zone Espoirienne se matérialise par une effervescence sur le marché de l'espoirine, qui titre à 110 €$poirs le litre. Par ailleurs la hausse de la natalité dans la Zone Espoirienne a donné confiance dans les actionnaires des principales entreprises telles que Pizza Hutt et Honda Motors pour ne citer qu'elles, qui ont donc investi à hauteur de 150 000 milliards d'€$poirs lourds dans les projets étatiques du Royaume d'Espoir, en forte demande de crédits intéressants. A noter que le Royaume d'Espoir a vu sa note augmentée par Finch' à AA+ ce matin en raison d'un pressentiment positif sur le rebond tant attendu de la Zone Espoirienne.
"Winter is Coming" est le titre de la nouvelle campagne de promotion de l'Angélique Bar d'Espoir : au programme des festivités sont prévus des arrivages de la série du Trône de Fer en Blu-Ray ainsi que la complétion de la bibliothèque par les quinze livres de la série fétiche de Georges R.R. Martin, des averses de neige encore plus abusives, encore plus drues, limite dictatoriales, tandis que le patron Thorongil concocte chaque soir un tonnelet de vin chaud aux épices pour tous les volontaires venus se réchauffer autour du feu. Enfin, la nouvelle version du Bar d'Espoir arrive avec l'adjonction d'un sous-sol disponible depuis l'escalier et l'ascenseur principaux, où seront prochainement installés une salle avec un immense bain bouillonnant de source volcanique chaude, une salle de jeu de rôle d'apparence du plus pur style gothique, et surtout l'accès aux salles inférieures, autrefois secrètement gardées par le Patron du Bar, où chacun pourra se servir en bière, cidre et denrées non périssables à loisir grâce à l'Automne fructueux qui s'est écoulé. Car rappelez-vous : l'Hiver vient !
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Gloire à Améthyste pour l'exceptionnel travail de planification de la refonte structurelle d'Espoir ! Gloire à Onda pour son aide précieuse lors de la réalisation des travaux ! Gloire à elles ! Gloire à Espoir !

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 Ma mère était violente

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Poupée Subversive
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MessageSujet: Ma mère était violente   Mar 19 Mar 2013, 22:40

Ouaip. Putain, il est temps que j'arrive à le dire.

Ma mère avait un énorme problème quand on était gosses. En temps "normal" elle était très sympathique avec nous, une mère modèle, qui nous faisait sortir, nous préparait des goûters, nous racontait des histoires, etc.
Et puis il y a toutes les fois où elle a complètement pété un plomb. Et là, la seule métaphore que je peux trouver, c'est l'incroyable Hulk. En deux secondes c'était plus la même. Et là, il n'y avait plus qu'à se mettre en position foetale et attendre que ça passe, les coups. Des coups violents. Parfois très longtemps. Trop longtemps.

Et c'était totalement illogique. Je me souviens surtout d'avoir été régulièrement rouée de coups (je n'exagère pas) quasi à tous les repas, parce que je mangeais salement. J'arrivais même pas à comprendre ce que je faisais de mal. J'étais une gamine très distraite, je pouvais faire de grosses maladresses sans même m'en apercevoir, genre me retrouver avec les spaghettis sur le fut' par inattention, ce genre de conneries, quoi.
Et là ça commence par la grosse claque qui vient de nulle part, toi pauvre gamine tu restes complètement abasourdie, t'as même pas compris ce qu'il s'est passé. Mais ça s'arrête pas là. Elle hurle. Tu balbuties, essaies de comprendre, et c'est encore pire, elle devient toute rouge, elle te gifle à nouveau. Tu veux réparer ce que tu as fait, tu t'embrouilles, tu fais quelque chose qui l'énerve encore plus, elle hurle, tu te recroquevilles, ouais, tu attends que ça passe. Et autour de toi, tout le monde se tait. Un peu comme si tout le monde avait mis sa conscience en off. C'est l'orage, on se recroqueville, on attend que ça passe, on espère que ça durera pas trop, ensuite on fera comme si rien ne s'était passé. Et elle s'acharne. Je sais même plus ce qu'elle voulait, ce qu'elle attendait. Mais elle se calme pas. Je me sens merdique, je comprends pas pourquoi je suis aussi nulle, pourquoi je mérite tout le temps de me faire punir. J'espère qu'un jour je vais réussir à m'améliorer, qu'un jour je serai assez parfaite pour plus faire ce genre de bêtise. En attendant elle hurle encore. Pardon, pardon maman...
Je suis absolument terrorisée en fait. Quelque chose m'échappe, je me rends déjà compte que je m'urine dessus... Je balbutie dans mes sanglots qu'il faut que j'aille aux toilettes. Elle me crie de me dépêcher et m'y escorte depuis la table de la cuisine jusqu'à la porte, à coups de pieds au cul.

Cette scène, je peux même pas vous dire combien de fois elle s'est répétée. Pas toujours tout à fait comme ça, mais vous avez l'idée.

Autre récurrence, ma mère ne supportait pas qu'on se lève la nuit pour aller aux toilettes. Je me souviens de techniques d'iroquois où je mettais trois plombes en mode super ralenti pour me déplacer de ma chambre à la porte des toilettes (soit 5 mètres grand max). Parfois, on se faisait chopper quand même. Quand c'était sur le retour, c'était méga rageant (échouer à ce stade-là merde quoi). On se dépêchait de se coucher en espérant qu'elle se rendrait compte de rien, mais elle était capable, même une fois dans notre lit à faire semblant de dormir, de nous en tirer pour nous frapper. Aujourd'hui, quand je raconte ça, je trouve ça hallucinant, et pourtant c'était la norme à l'époque.
Et personne ne disait rien. Ce genre de délire violent, ma mère l'avait aussi quand on était en vacances, avec la famille élargie, et on recevait juste des commentaires un peu plus humiliants quand on y faisait allusion. Je me souviens d'une grande-tante un matin, après que ma mère soit venue me frapper dans mon lit au milieu de la nuit, qui me dit "alors, tu as fait du bruit cette nuit Christine?" Et moi qui ne peux qu'acquiescer, qui essaie de comprendre comment faire pour pallier à cette horrible faute qui consiste à avoir envie de faire ses besoins quand on se réveille au milieu de la nuit. Je me sens nulle. Nulle. Nulle. Quand est-ce que je serai assez bien pour ne pas mériter d'être punie? Pour que les adultes ne me regardent pas de cet air condescendant, pour que j'aie une valeur à leurs yeux.
J'essaie d'être gentille, compréhensive, parfaite, je fais tout pour plaire à ma mère.

Mais je continue malgré tout à "manger comme une cochonne", à faire du boucan au milieu de la nuit. C'est comme une tare qui me colle à la peau.

Des exemples comme ça, j'en aurais plein.

J'ai pris conscience qu'il y avait un problème très, très tard. Jusqu'à l'adolescence, j'ai pensé que ça c'était une méthode d'éducation normale, que c'était désagréable mais que c'était pour qu'on soit de bons enfants bien élevés.

Et puis je sais pas vraiment comment, mais j'ai fini par me rendre compte du truc. J'ai commencé par le remuer toute seule dans ma tête, me rendant compte peu à peu de l'ampleur, parce qu'il m'a fallu du temps pour me rendre compte que c'était anormal à ce point.
Au début, je me suis préparée à prendre mon courage à deux mains et à en parler à ma mère, lui mettant les faits sous les yeux en pensant naturellement qu'elle serait aussi horrifiée que moi en s'en apercevant, et qu'elle se confondrait en excuses, qu'on pourrait reconnaître les torts du passé et repartir sur de bonnes bases.
Ce n'est pas du tout ce qu'il s'est passé. Au début, elle ignorait tout simplement ces allusions, puis, quand je me faisais insistante, elle ironisait "ouiii je sais que j'ai été une mère horrible", avec ce ton dans la voix qui signifie 'mais qu'est-ce que tu me reproches? Tu vas bien non? Tu es équilibrée?'. Non, aucune excuse, jamais.
J'ai attendu longtemps, très longtemps, d'avoir ses excuses. Puis un jour je me suis aperçue que je ne les aurai pas. Parce que regarder ça en face, pour ma mère, ce serait s'apercevoir qu'elle a un gros problème. Et elle ne peut pas.

En parallèle, ma mère avait encore des épisodes violents sur mes petits frères. En même temps que je prenais conscience du phénomène, j'ai commencé de prendre leur défense.

Je me souviens de la toute dernière fois où j'ai vu ma mère "furieuse". Mes deux petits frères se disputaient assez violemment, ils en venaient aux mots, ça hurlait, c'était très dur. J'étais déjà occupée à essayer de comprendre ce qui se passe pour calmer le jeu, et puis ma mère a débarqué. Tout s'est envenimé, et là le plus jeune a fait un doigt d'honneur à son grand frère. J'ai vu le visage de ma mère se décomposer "TU SAIS CE QUE CA VEUT DIRE???", je l'ai vu se remplir de furie, comme ça lui était arrivée tant de fois auparavant, je l'ai vue courir vers mon frère, je savais ce qui allait arriver. J'étais juste derrière lui, je l'ai serré contre moi, j'ai fait face à ma mère en répétant "non ne le frappe pas ne le frappe pas ne le frappe pas"... Ma mère me criait de le lâcher et je me crispais, je refusais de le lui laisser. A la fin elle m'a juré qu'elle ne le frapperait pas, elle m'a ordonné de le lâcher, alors j'ai obéi. Elle s'est contenté de continué de hurler, elle a réussi à contenir sa violence, et elle est reparti.
C'est la toute dernière fois que je l'ai vue comme ça. Ca n'est jamais arrivé depuis, plus jamais.

Le pire dans cette histoire, c'est que j'ai l'impression qu'il n'y a que moi qui ai conscience de l'importance du truc. J'ai déjà discuté de ça avec mes frères et soeur, et s'ils reconnaissent que quand maman nous frappait c'était pas cool, ils n'ont pas l'air de se rendre compte que c'était démesuré. Ou alors ils le reconnaissent, mais ils n'insistent pas. Ma soeur m'a quand même avoué que la nuit, quand elle voulait pisser, elle le faisait au pied de son lit, pour ne pas risquer d'aller aux toilettes. J'ai réussi à obtenir de ma grand-mère l'aveu qu'une fois, ma mère avait quand même exagérément frappé mon frère.
Mais c'est à peu près tout.

Parfois je me dis que c'est moi qui en fais trop. Que j'exagère, que c'était pas si terrible. Pourtant, quand je me remémore les faits, quand je me souviens de ces années passées dans l'humiliation, dans la peur, je sais que je n'exagère pas.
Et je comprends pas. Pourquoi. Pourquoi, sur une fratrie de cinq, il n'y a que moi qui ai réagi. Pourquoi les autres ne m'ont pas soutenue, ou si peu. Je n'aurais rien dit à ma mère, elle aurait sans doute continué beaucoup plus longtemps. Je n'aurais pas défendu mon frère, ce soir là, il se serait sans doute fait frapper, comme je l'ai été si souvent. Ca aurait continué.

Aujourd'hui, quand j'ai ma mère au téléphone, tout ça est bien loin, et je suis loin d'y penser. Mais il me semble qu'elle reconnaît enfin qu'il y a un problème. Que tout n'est pas parfait dans sa vie. Que son mariage était un ratage, qu'elle a tu et subi plus qu'elle n'aurait dû (le gros problème n'étant pas mon père, mais la mère de mon père, en gros...) Jusqu'à récemment, elle ne pouvait pas reconnaître ça.
J'ose espérer qu'un jour elle aura les yeux suffisamment ouverts pour reconnaître qu'elle a passé toute une partie de sa vie à se mentir. Qu'elle était coupée en deux. Et que ça l'a rendu violente. Et qu'on a payé les pots cassés, à un âge où on était incapables de s'en rendre compte.
J'ose espérer qu'un jour, on pourra discuter calmement de tout ça, que je pourrais sans aigreur excessive lui faire comprendre ce que j'ai vécu et ce que j'attends d'elle. Que je suis prête à la soutenir et à l'écouter pour toute l'aide dont elle a besoin, parce que sa vie a certainement pas été facile. Et que j'aurais enfin les excuses, ces excuses que j'attends depuis le début de mon adolescence.
Et que je pourrai enfin dire que l'ensemble de ma famille, mes oncles, mes tantes, mes grands-mères, n'ont pas eu l'attitude qu'il fallait en la laissant faire. Je pourrai enfin tirer un trait sur ce passé familial que je n'ai pas mérité, et qui m'a fait traîner un complexe d'infériorité pas possible pendant des années, une timidité maladive, une impression de jamais valoir le coup.

Je n'attends rien de particulier de ce post, juste parce que maintenant il n'y a plus rien à faire. Rien qu'à attendre qu'on soit tous capable d'en parler.
C'est juste que, le raconter ça fait du bien. Tellement de bien.
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Thorongil



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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Mar 19 Mar 2013, 22:54

:74:


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Poupée Subversive
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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Mar 19 Mar 2013, 23:12

Oh! Merci pour la version en sindarin! ^^

J'ai retrouvé ce vers il y a quelque mois, dans le Monde Littéraire (un spécial Tolkien il y a pas longtemps), et je me suis rendue compte que c'était exactement ma devise, si je pouvais en avoir une, tellement ça s'applique à ma vie! (Vive Tolkien! beer )
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Booh




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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Mar 19 Mar 2013, 23:28

Je suis sur le cul.

Sincèrement.

En particulier quant au recul avec lequel tu en parles, et quant à l'affirmation de toi dont tu fais preuve maintenant, en regard du rouleau compresseur à confiance en soi qu'un tel comportement représente.

Et j'avoue que ca me hérisse. Epidermiquement.
Sur un plan perso, parce que ca ressemble au copier coller de ce qu'a vécu par son beau père une personne (suivez mon regard) dont je suis proche, et que j'ai pu voir de très près le carnage que ca fait en terme de confiance en soi, en terme de confiance en la vie aussi.

Et je trouve juste gerbant. Qu'elle ait fait ca. Et que personne n'ait bougé son cul pour faire cesser ca. A la limite, c'est presque encore plus ça qui me fait vriller en fait.

Parce que la personne qui a un problème de gestion de la colère, pour être qqun de pas mal colérique (euh.. sans en arriver à des dérapages pareils, hein) moi même, disons que je peux concevoir le fonctionnement (même s'il me fout la gerbe), et le coté relativement "incontrolable" des crises de colères (enfin, pas incontrolable, pas complètement, mais l'image que j'en ai, que je ressens quand ca m'arrive, c'est un wagon de colère qui se déverse sur et dans toi, et vas y pour maitriser ca. C'est faisable, mais c'est pas facile.
Mais bordel, comment on peut regarder un gamin se faire rouer de coups sans broncher, ca me dépasse).
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Ide




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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Mer 20 Mar 2013, 00:08

J'ai lu.
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ookami




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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Mer 20 Mar 2013, 14:48

j'ai lu ton post et j'avoue que comme Booh j'ai été sur le cul (c'est si joliement dit n'est ce pas^^)
Je trouve ça horrible ce que toi et tes freres et soeur avaient subient. Je n'ai pas de mots mais j'avais quand même les larmes aux yeux. Je ne dirais pas que je sais ce que c'est car je ne peux pas, je n'était pas à ta place.
Mais en tout cas je suis étonné du recul que tu as sur ça aujoud'hui, et j'ai envie de dire bravo car ça ne doit pas être facile.
J'espere que ce que tu souaites, à savoir les excuses, arriverons un jours de la part de ta mère mais aussi de ta famille. et j'espere que ça ne tardera pas trop.
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Poupée Subversive
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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Mer 20 Mar 2013, 20:06

Merci pour vos réponses.

Pour être franche, en postant ce topic je pensais pas qu'il m'aiderait en quoi que ce soit, et pourtant j'ai vraiment l'impression que ça a "débloqué" quelque chose. Je vais ptêt retomber en mode "Alain Delon est formidable", mais je constate réellement que ce que j'ai fait, la lucidité avec laquelle j'ai encaissé et réagi, presque toute seule et sans appui, c'est vraiment un truc pas commun. Je me rends compte que j'ai une force intérieure de fou, et je ne sais même pas d'où ça vient. En tout cas, je le constate sur cet aspect de ma vie, quoi.

La dernière scène que je raconte, celle où j'ai serré mon frère contre moi en faisant face à ma mère en proie à une crise de violence, je devais avoir 14-15 ans quand je l'ai vécue.

Pour répondre,

Citation :
Et je trouve juste gerbant. Qu'elle ait fait ca. Et que personne n'ait bougé son cul pour faire cesser ca. A la limite, c'est presque encore plus ça qui me fait vriller en fait.

En réalité j'ai le même sentiment. Ma mère, elle a eu à gérer tout ce qu'elle avait à gérer, avec son incapacité à avoir du recul quand ça rentrait en contradiction avec son idéal. Et zéro soutien, ou pas loin. Elle a quand même épousé mon père, l'homme qui a un quota de dix mots à prononcer par journée (j'exagère à peine). Quand t'es sensible et pleine de rêves, va vivre un couple épanoui avec mon père. Sa belle-mère était une espèce de poulpe ignoble qui a retenu son fils avec elle alors même qu'il commençait sa vie de marié. Elle a voulu mettre le grappin sur les enfants. Et mon père ne disait rien, mon père suivait sa mère. Ensuite elle a eu ses gosses. Une tripotée de gamins surdoués, ça veut dire basiquement des enfants super renfermés qui restent à côté de toi à cogiter leur petit truc et à rien raconter de leur vie. Jdis pas que c'est criminel, hein, mais je pense que l'accumulation... Avec ça, les frères qui viennent critiquer son mariage, l'éducation de ses enfants... Maintenant je pense qu'elle a encaissé comme personne n'aurait pu le faire sereinement.
Pour certaines choses, j'ai l'impression qu'on peut avoir les mêmes façons de fonctionner, ma mère et moi. Sauf qu'elle, elle n'est pas lucide sur tout, alors que moi j'ai une capacité de recul sur moi-même qui m'a bien servi, anyway. M'enfin du coup, je peux la comprendre, quoi.

Et puis il y a un truc à souligner. Certes, elle a tout pris à l'ironie et elle n'a jamais eu l'air désolée quand je lui mettais sous le nez ce qu'elle m'avait fait, mais bon sang... elle a arrêté! Elle a complètement arrêté! Et ça c'est énorme!
Comme tu le dis,
Citation :
c'est un wagon de colère qui se déverse sur et dans toi, et vas y pour maitriser ca. C'est faisable, mais c'est pas facile.
Ma mère a su arrêter ce wagon quand je lui ai mis ce qui se passait sous les yeux. Elle a fait un putain de boulot sur elle-même, même si peu de gens l'ont vu. Un boulot monstrueux.
Je me souviens de toute une période où elle a pris un virage radicalement plus chrétien, qui dans l'immédiat m'a donné des boutons... Maintenant quand j'y pense, c'était sa façon de se recadrer. Je débarquais dans la cuisine à 6h du mat, elle était assise dans un coin sur le sol, à prier ou méditer, je sais pas très bien. Elle allait aux prières communes à la communauté de Taizé. Elle s'est mise à acheter pleins de disques de musiques religieuses assez douces, des bouquins sur les Pères du Désert, tout ça.
Pensez ce que vous voulez du christianisme (et je suis la première à cracher des torrents de bave sur les fondements de la pensée chrétienne), ma mère a su s'en sortir par ce ressort.
Donc ouais, elle, maintenant, je lui en veux moins. Devenir lucide sur le fait que ça fait 20 ans qu'on pourrit sa vie, ça doit être le chemin le plus pénible du monde, et elle l'a pris en partie.

Par contre je conchie à présent une large part de ma famille. Des gens qui continuent d'être dans une espèce d'esprit communautaire où qu'on est tous des cousins trop cools dans le même esprit. Une espèce d'émulation malsaine. Une espèce de regard pernicieux sur comment il faut faire pour être vraiment des gens cools et généreux, et dès que tu peux pas trop justifier tes choix, ta façon de faire, ou que t'es trop timide pour t'imposer, vas-y pour exister. Et fondamentalement incapables de remettre leur communautarisme qui pue le fennec en question, avec ça. Je déteste les repas de famille avec eux. J'ai toujours l'impression que sur deux ou trois phrases on va me catégoriser, et pour peu que ça ait été une bourde suffisamment déplacée, ils te la ressortiront encore dans deux ans. Et de surface, ça donne la meilleure ambiance bonne enfant où tout le monde s'aime au monde.
Désormais, et depuis peu, ma prise de conscience ayant été lente à ce niveau, je les évite autant que possible. Ils estiment encore être dépositaire de la raison, du bon goût, et ils étaient pas foutus de suggérer à ma mère qu'il fallait qu'elle se calme. ROFL.

Il y a des façons de fonctionner encore super malsaines dans ma famille. Dès que tu suggères une truc qui plaît pas à l'autre, t'as le risque de te faire torpiller, moquer, rabaisser. C'est juste le mode automatique. Et subir les moqueries de ton frère qui a 10 ans de moins que toi, ça donne juste envie de hurler. Ou de creuser un trou et d'y rester. Du coup, pour mon propre développement, je suis dans une optique raisonnable du "pour vivre heureux vivons caché", à l'aise, avec les amis que je garde à cause du feeling particulier que j'ai avec eux, ou toute seule dans mon appart perché loin de tout, avec mon ptit rat. Et là au moins j'ai de comptes à rendre à personne.

J'ai encore plein de choses à travailler, niveau organisation, niveau confiance en moi, niveau prudence par rapport à qui je laisse entrer dans ma vie, niveau calmer mon sens un peu trop appuyé du dévouement... J'ai enfin l'impression que je peux le faire, tranquillement. Parce que je sais que j'ai un sacré potentiel pour être quelqu'un de plus que bien. Et j'ai pas envie de le gâcher en me développant pas, en restant à l'ombre de ce passé, ou à l'ombre du regard normalisateur de beaucoup de gens.
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ookami




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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Mer 20 Mar 2013, 20:24

Je suis entierement d'accord avec toi sur le faît que tu es vraiment forte à l'intérieur de toi. Que tu l'ai remarqué et compris est super et je suis sure que ça va aidé.
Concernant ta mère c'est vrai que vu ce que tu as dis précedement, elle a fait un gros travail sur elle et c'est super également.
Ce qui "m'enerve" , mais je ne permetterais pas non plus de critiquer, c'est les réactions et l'état d'esprit de ta famille...ça me fait bisarre qu'une famille entière ai réagit et réagit encore comme cela.
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Orphéa




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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Mer 20 Mar 2013, 20:47

J'ai lu ... Plusieurs fois. J'admire ta force et ton caractère, le recul que tu prends face à ça, vraiment.
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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Jeu 18 Avr 2013, 14:30

C'est marrant.

J'ai l'impression que ce topic m'a aidé à prendre conscience que je voulais parler à ma mère.
De plus en plus. Je me sens proche d'elle. Semblable à elle. Pas pareille, mais... parallèle.
Plus ça va, plus j'ai l'impression qu'on est moulées dans le même moulin, comme diraient les Inconnus.

Ca veut pas dire que je serais capable de remettre sur le tapis tout de suite les coups, les cris, la violence. Mais juste, faire mon bout de chemin avec elle, parce qu'au fond on peut se comprendre.

Ouais. Maman, quoi. Flûte, Maman.
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Onda




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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Jeu 18 Avr 2013, 14:33

Je suis contente que ce sujet t'ai aidé à avancer, j'espère qu'un jour, vous pourrez poser les choses...
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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Lun 08 Déc 2014, 23:34

Je remonte ce topic parce que j'essaie de réfléchir par rapport à mes réactions concernant coloc.

Surtout, pourquoi je n'arrive pas à lui parler du tout. Et que j'ai même pas envie de le faire, que je ne peux pas (presque physiquement) l'envisager.

J'ai un problème de culpabilité.
Je me sens toujours responsable d'un truc, de quelque chose de mauvais dans ma vie, qui ferait que je serais pas digne de m'imposer. Que je n'ai pas le droit de faire de remarque parce que moi-même, je ne suis pas bonne.
Et je pense que ça vient de là. Ma mère faisait comprendre qu'on était pas assez bien. Enfin, moi j'étais surtout trop sale et trop bordélique et ça voulait dire que je faisais pas d'effort. Et par-dessus ça ma sœur ne m'aimait pas et me disait tout le temps que j'étais bête, voire m'humiliait devant mon frère, ou devant d'autres amis.
Puis surtout, ma mère était parfois violente si elle estimait qu'on faisait des choses qu'on était pas sensés faire. Si je jouais à un jeu ou regardais la télé au mauvais moment, je pouvais me faire engueuler très salement. J'ai remarqué plus tard que ça conduisait à me mettre en permanence dans un état d'insécurité quand je fais un truc pas "sérieux" ou dont je ne suis pas sûre à 100% de la légitimité (est-ce que j'ai le temps, est-ce que j'ai le fric, est-ce que ça emmerde personne...)
D'ailleurs c'est peut-être ça qui fait qu'aujourd'hui je suis insécure sur tous mes projets d'avenir, sur mes sorties, sur mes loisirs, et sur mes études, parce que tout me semble hasardeux et rien ne me semble garanti (et paradoxalement je me jette dans tous les interstices les moins justifiés, l'ordi pendant des heures, l'immobilité, etc. Comme une fuite.)

Bref. Du coup comme je ne suis pas très au point ni sur mon travail, ni sur mon rangement, ni sur mon ménage, ni sur mon avenir, je me sens extrêmement mauvaise, bancale et imparfaite dans ma vie personnelle.
Et je me sens pas la légitimité de faire de remarque à coloc parce que je me sens dans la situation de mon enfance. Si je fais une remarque on me fera remarquer sèchement que j'ai du culot, que je suis insolente, que je me plains pour rien, et on fera valoir plein de mal que je fais égoïstement, ou plein de privilèges dont je jouis (après tout je suis là et je le justifie ni par ma sympathie ni par mon travail).
Je suis en train de déployer les moyens de protection de mon enfance. J'essaie de prévenir les reproches en évitant de charger la balance de mon côté. Je crains qu'un reproche de ma part soit un mauvais calcul stratégique.
Parce que je me sens coupable. Je me sens sale et imparfaite. J'ai peur de l'humiliation à venir et je la préviens par tous les moyens.

Peut-être que ma peur, mon immaturité, mon instabilité, viennent du fait que je ne peux pas assumer quoi que ce soit d'incertain, le moindre plan, le moindre projet, que les reproches qu'on me ferait dessus me font trop flipper, en fait.
Je m'imagine tout le temps en train d'essayer de justifier ce que je fais à ma mère. Ça m'angoisse horriblement.

Et le fait est que le week-end, coloc reste là toute la journée quasiment. Pendant deux jours. Deux jours où souvent je suis sur l'ordi, ou je lis, quand je sors pas. Donc quand je suis là je sens son regard, je l'entends passer.
Et c'est comme ces réflexes que j'ai quand je suis surprise à faire de mauvaises choses, que je saurais pas justifier. Je flippe. J'ai l'impression qu'il viendra m'engueuler ou me faire des remarques.

Faudrait vraiment que je bosse là-dessus, mais je sais pas par où commencer, pas du tout du tout.
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Aliisa Höyhen




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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Mer 10 Déc 2014, 08:32

J'espère que les choses se dégoupilleront bientôt <3
Mais en attendant, tu n'as pas à te sentir coupable de quoi que ce soit, mais j'ai conscience que c'est difficile de remédier à ce sentiment là quand il t'a habitée un long moment de ton existence et que les colères de ta mère aient conforté ce sentiment là.
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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Mer 10 Déc 2014, 13:37

J'ai l'impression de ressentir quelque chose de vaguement similaire à ce que tu décris, mais en moins grave - la flippe constante que mon père, ou que d'autres se sentent comme s'ils avaient quelque chose à me reprocher en fait, sans la culpabilité ni la honte, mais quand même suffisamment importante pour compliquer gravement toutes mes interactions sociales voire les avorter, m'encourager à me renfermer sur moi-même - et même dans le silence et l'effacement je me sens pas en sécurité.

Bon je suis un peu désolée de commencer le message comme ça parce que j'aimerais être plus constructive mais comme d'habitude je sais pas quoi dire.

J'ai l'impression que ça t'est très difficile d'envisager de parler à ton coloc', n'y a-t-il vraiment pas moyen d'essayer ne serait-ce qu'une fois de parler avec lui d'un petit point mineur ?
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MessageSujet: Re: Ma mère était violente   Mer 10 Déc 2014, 18:58

Je le ferai peut-être quand je m'en sentirais la force, en fait là c'est comme si j'étais devant un mur quoi, c'est aussi impossible que ça. Je passerai pas à travers le mur.

Mais coloc' n'est pas de mauvaise volonté, vraiment, je ne crois pas. Il est juste extrêmement négligeant et très très peu communiquant...

Bon au moins je vais un peu mieux ce soir.
Mon moral fait du yoyo, je me demande si ça a à voir avec ma consommation de sucre (dans la mesure où j'ai les hormones qui partent en live de base).
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Ma mère était violente
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